Le confinement aura amené une majorité d’entres vous, écoles et professeurs, à mettre en ligne vos cours de danse avec les moyens du bord. Et vous aimeriez sûrement réaliser vos vidéos plus rapidement tout en les rendants plus professionnelles ?

A l’heure où est rédigé cet article, plus de 200 cours de danse sont postés chaque semaine sur KIM par des écoles, à leurs élèves. Fort de nos 4 années d’expérience à tourner des cours de danse en vidéos, nous avons relevé quelques astuces bien pratiques pour réduire les images floues, avoir un son plus propre, ou être moins stressé face à la caméra…

Et la bonne nouvelle, c’est que nous sommes très heureux de vous en partager quelques-unes qui vous éviteront d’investir des milliers d’euros dans une formation en ligne et/ou un set-up de futur Youtubeur : appareils photo, objectifs, trépieds, lumières, micro… Avant de vous en dire plus sur nos secrets de tournage, nous allons commencer ensemble par briser une croyance forte.

NON, tourner une vidéo ne s’improvise pas !

Il y a 4 ans, KIM tournait son premier cours de danse en vidéo dans une école lyonnaise. Nous voulions partager l’apprentissage d’un pas de danse Hip Hop, le Running Man et nous avions la chance d’être accompagnés d’un expert du métier : préparation, captation (phase d’enregistrement vidéo) et montage. Nous étions sûrement naïfs, mais c’est en le vivant que nous l’avons compris. Si chacune de ces étapes est un métier, ce n’est pas pour rien. Pour cette première vidéo qui dure 13 minutes, nous avions passé :

  • En préparation : 3h à élaborer le plan de la vidéo, à détailler le discours, à mettre en avant les mouvements, réfléchir aux détails techniques de la salle, l’éclairage, le son, ainsi qu’à tout l’équipement nécessaire ;
  • Le jour J : 1h à installer le matériel professionnel et à équiper le professeur. 6h à filmer, à répéter des scènes, à corriger les détails et à s’améliorer tout de suite ;
  • Le montage : 10h à dérusher, monter et travailler la vidéo pour obtenir une vidéo alléchante et ludique ;
  • La diffusion : 8h à faire la miniature, préparer les descriptifs, puis uploader, paramétrer et programmer la vidéo sur YouTube, Instagram et autres réseaux sociaux.

Et après tout cet investissement, voici le résultat :

Professeur : Julien Delolme et ses élèves Elisa Barbier, Lucie Sauzet, Quentin Digregorio & Etienne Meunier de l’école InStudio Dance Community

Tout le secret est dans la préparation !

Comme nos cours de danse en vidéos sur KIM, vous méritez d’avoir des vidéos aussi belles et professionnelles que vos cours. Pour ne plus y passer des heures, il est temps de muscler votre jeu. Alors, voici 10 astuces pour améliorer la qualité de nos vidéos avec les moyens du bord.

1. « J’aime quand un plan se passe sans accroc.« 

Quand on s’occupe d’une tâche, on aime que ce soit rapide et efficace. Pour y arriver, nous avons créé notre propre recette de fabrication, que nous réutilisons à chaque fois. Comme un boulanger avec ses baguettes. Goûtez n’importe laquelle, elles auront toutes le même goût. Parce que la recette de fabrication est la même pour toutes. Pour vos vidéos, c’est pareil. Il vous faudra construire votre propre méthode de production, étape par étape. Puis la répéter et l’ajuster au fil des expériences.

2. Ok, mais on dit quoi ?

Comme un cours réussit, une vidéo, ça se prépare. Offrez-vous la tranquillité d’esprit d’avoir un plan avec une vision claire sur chacune des parties de votre prochaine vidéo :

  • Un objectif : Définissez un objectif clair pour votre vidéo.
  • Une intro :  Comme les Youtubeurs, rappelez qui vous êtes, puis le plan de la vidéo et terminez par vos directives.

Exemple : « Salut mes petits chatons, c’est Oriane, aujourd’hui on va travailler une chorégraphie sur la chanson (titre de la musique) de (nom de l’artiste). Pour ce cours de danse, il vous faudra (liste du matériel) et surtout n’oubliez pas (vos directives : laisser un commentaire, donner un RDV, vos retours sur Instagram…) »

  • Partie 1 ; 2 ; … : Exercice, technique ou chorégraphie, découpez votre vidéo en plusieurs parties, comme des étapes. Si vous avez le fil conducteur bien en tête, ne prenez pas le risque de perdre l’attention de vos élèves. Au contraire, offrez-leur de la lisibilité, facilitez la compréhension et ça les gardera motivé.
  • Les rappels : Durant la vidéo, faîtes de petits rappels de vos directives.
  • Conclusion : Commencez par les féliciter et les remercier de vous avoir suivi. Même si c’est bien vous qui avez fait tout le boulot, ça leur fera plaisir que vous ayez remarqué leur engagement et leur fidélité à finir la vidéo. Martelez une dernière fois vos directives « Laissez-moi vos questions dans les commentaires… ». D’ailleurs, pour alimenter vos réseaux sociaux, vous pouvez toujours demander aux élèves de vous partager le résultat de votre cours de danse en vidéo. Ca challenge toujours les communautés d’élèves.

3. On prépare sa caméra AVANT de filmer !

Ça peut paraître anodin, mais une fois que c’est enregistré dans la boîte, c’est trop tard ! Alors, prenez quelques secondes pour vérifier que les réglages de votre caméra sont bien paramétrés :

  • Résolution de la vidéo : 1080p ou 1080 x 1920. C’est une résolution polyvalente qui s’adapte à tous les écrans. Une résolution inférieure ferait pixéliser votre image et une résolution supérieure, rendrait le fichier trop lourd à traiter. C’est le bon ratio qualité/taille de fichier
  • Nombre d’image par seconde : La norme est de 30 i/s ou 30p. À moins de vouloir faire des ralentis en postproduction ou d’avoir la rapidité du battement d’ailes d’un colibri, il est inutile de viser un nombre supérieur. Ca alourdit votre fichier et sur KIM vos élèves peuvent eux-même ralentir l’image.
  • Format de fichier : .MP4, .MOV, .AVI… Vérifiez que votre vidéo sera compatible avec la plateforme où votre vidéo sera diffusée. Sur KIM, les professeurs étaient limités au format .MP4. Suite à leurs retours, nous avons travaillé pour leur facilité la tâche et maintenant, nous acceptons tous les formats.
  • Format d’image : filmez en 16:9 comme sur YouTube. Les autres formats sont souvent déformés par les lecteurs.
  • Position du téléphone : Filmez-vous en paysage (téléphone allongé sur la longueur) comme les tutos, les lives, les séries, films et documentaires. Les vidéos en portrait sont natives uniquement pour vos stories Instagram, Tik Tok, ou Snapchat.

Maintenant, c’est en dehors de vos paramètres, mais c’est tout aussi important :

  • Mode avion ou ne pas déranger : Ce serait dommage d’être interrompu ou pire, de recommencer votre tournage à cause d’une notification ou d’un appel.
  • Batterie : Là encore, ce serait dommage d’être coupé dans votre élan en pleine vidéo. Branchez votre appareil de captation sur secteur ou assurez-vous d’avoir suffisamment de batterie.

4. Où est-ce qu’on s’installe ?

Dans une pièce lumineuse, avec peu d’échos et de la profondeur pour ne pas être top près de la caméra. Idéalement, placez-vous dos à un mur blanc. Le mur blanc est neutre et ça aidera la lumière à se diffuser de partout dans la pièce et réduire les zones d’ombres. Justement en parlant de lumière…

5. « AZIIIIZ, LUMIÈRE !!!« 

De grandes marques vous laissent croire que ce qui fait la qualité d’une vidéo, c’est d’abord le prix de la caméra. C’est FAUX ! À l’heure où des séries et publicités sont tournées avec un simple iPhone ou un Samsung, ce qui fait d’abord la qualité d’une vidéo, c’est la lumière !

Contrairement à nos yeux, les caméras d’appareils photo ou de téléphones ont besoin de beaucoup plus de lumières pour y voir. Le manque de lumière se traduit souvent à l’image par un effet de grain qui flouera votre vidéo.

Pour éviter cet effet, quelle que soit la pièce dans laquelle vous tourner, allumez vos lumières (blanches de préférences) et faites des essais. Une petite pensée pour ces âmes d’artistes, amateurs d’ambiance tamisée. Sachez qu’allumer seulement une lampe de chevet, ça ne suffit pas !

Autre conseil, ne jamais orienter une lumière directement sur vous. Tout d’abord, ca vous éblouit, un peu comme une biche éclairée par les phares d’un pickup en pleine nuit. Puis la lumière se reflétera sur votre transpiration. Ce qui vous fera briller à l’écran comme Edward Cullen au soleil. Alors notez bien qu’une lumière, ça se diffuse tout autour du sujet !

Et si cela ne suffit pas, vous pouvez également :

  • Ajouter de chaque côté de votre objectif, de petites lampes de bureau orientables
  • Mettre des feuilles de papier blancs sur vos lumières trop fortes pour diffuser la lumière
  • Acheter un panneau LED ou un cercle lumineux (comptez entre 30 et 200€)

6. Installez votre caméra

OK, je veux bien vous dire comment faire, mais en 2-2 :

  • N’installez pas votre caméra face à une lumière ou une fenêtre pour éviter les contrejours qui viendraient éblouir l’objectif
  • Filmez-vous avec la caméra arrière de votre mobile. Elle est de meilleure qualité que celle de devant que vous utilisez pour vos selfies.
  • Votre caméra ou téléphone doit être droite, face à vous et pas penché. Idéalement, stabilisez votre caméra avec un trépied (entre 20 et 70€ sur Amazon), plutôt que d’utiliser vos conjoints ou vos enfants. Dernière astuce ultime, scotchez votre téléphone contre le mur ou votre fenêtre.
  • Installez votre caméra à hauteur de buste du professeur pour le voir de la tête au pied. Si l’objectif de la caméra est trop bas, sachez qu’on voit l’intérieur de vos narines. S’il est trop haut vous avez l’air petit(e), écrasé(e) et ça vous donne l’air d’un Youtubeur dans sa chambre.
  • Vérifiez la mise au point, afin que l’objectif vous fasse apparaître net.

7. « T’es pas dans le champ, Maurice !« 

Pendant le tournage, vous allez peut-être sauter, vous déplacer d’avant en arrière ou même sur les côtés. Dans tous les cas, vos élèves ont besoin de tout le temps vous voir de la tête aux pieds !

Pour être ni trop à gauche, ni trop à droite, ni trop près, installez au sol, des repères (scotch, objets…). Ça vous servira de rappel des limites du champ de la caméra qu’il ne faudra pas dépasser.

8. « Soyez na-tou-rrrrelle, mes chéries !« 

Maintenant, que vous avez un plan et que vous êtes équipés, il temps de travailler votre attitude.

Ne pas oser passer le cap, avoir une appréhension ou s’imaginer ridicule est normal. Souvenez-vous de votre première scène. Vous pensiez que le public ne regardait que vous ! Alors que vous étiez noyés parmi tout un groupe de 10, 20 ou 40 danseurs. C’est moche d’être aussi nombriliste 🤣

D’ailleurs, même votre voix pourrait vous surprendre et vous paraître horrible.

Pour passer cette barrière psychologique, ne restez pas concentré sur l’image  que vous renvoyez à l’écran. Ça vous évitera toutes critiques sévères de votre part. À la place, focalisez toute votre attention sur le contenu de votre cours de danse : Ai-je suffisamment bien montré cette partie, mes instructions sont-elles suffisamment claires ? …

Puis pour être à l’aise face caméra comme dans vos cours, faîtes de rapides exercices de respiration pour atténuer votre stress. Échauffez votre corps, les muscles de votre visage (c’est le moment de faire des grimaces) et surtout votre voix. Qu’elle soit libérée, claire et posée.

Pendant que vous vous filmerez, regardez l’objectif de la caméra et adressez-vous directement à vos élèves. Partagez-leur votre enthousiasme, votre énergie, ils en ont besoins. Et le plus facile est d’agir comme dans vos cours de danse. Laissez transpirer votre personnalité. Si vous avez l’habitude de faire des blagues, ne vous retenez pas, ils vous aiment aussi pour ça ! C’est votre signature qui rendra votre vidéo unique, reconnaissable et plus chaleureuse.

9. « Sileeeeeeence, on tourne, ACTION !« 

Vos élèves vous pardonneront toujours une image un peu floue, mais un mauvais son ? JAMAIS !

Sur YouTube ou Facebook, si une vidéo a un mauvais son, alors le spectateur quitte la page, en moyenne, au bout de 3 secondes… 😱

Que ce soit en salle de danse ou à la maison, quand vous tournez, évitez les bruits parasites (sonneries, Netflix, chuchotement…) qui gâcheraient la vidéo. D’ailleurs, si vous constatez un écho dans vos vidéos, voici quelques petits conseils :

  • Fabriquez des pièges à son avec des couettes, ou des cousins qui viendront absorber cet effet.
  • Utilisez un kit mains libres. Vous allez voir, c’est très sytème D, mais ca a fait ses preuves. Déposez un téléphone dans votre legging ou votre culotte, là où il ne gênera pas. Branchez le micro de vos écouteurs, accrochez le à votre tee-shirt avec un trombone pour éviter les bruits de frottements (les écouteurs ne servent à rien pendant l’enregistrement) et enregistrez votre voix avec l’application Dictaphone. Il vous suffira d’ajouter l’enregistrement audio à l’aide d’un logiciel de montage.
  • Ajoutez une voix off en post production au risque de doubler le travail.
  • Achetez un micro orientable et les prix peuvent varier de 100 à 700€.

10. « Chérie, ça va trancher…« 

Le montage de votre vidéo est une étape facultative !

Mais il faut reconnaître que ça reste très pratique pour supprimer les temps de latence, corriger le son, embellir ou rendre votre vidéo plus dynamique.

De nombreuses applications mobiles peuvent vous aider. Pour cet article, on en a testé plusieurs. Et on a eu une préférence pour VLLO (disponible sur Google Play et App Store). Elle est très pratique pour couper les rushs inutiles, rogner la vidéo, ajouter des titres ou même ajouter une voix off.

Pour les ordinateurs sous Windows et Mac OS, les logiciels de montages offrent plus d’options, donc plus d’investissement de temps pour une meilleure prise en main et surtout un bon ordinateur. On en a testé plusieurs, dont Imovie, Windows Movie Maker, Adobe Premiere… Mais notre préféré reste Final Cut Pro X, pour sa simplicité d’usage et ses nombreuses possibilités. C’est ce que nous utilisons pour les vidéos sur KIM.

Par ailleurs, avant de vouloir transformer vos vidéos, de vouloir inverser les angles de vue… Vérifiez les limites et options qu’offre le lecteur vidéo. KIM propose l’Effet Miroir et d’autres fonctionnalités, il est donc inutile de retoucher vos vidéos pour ca.

Dîtes nous en commentaire, si vous souhaitez qu’on vous partage quelques astuces pour monter vos vidéos comme des professionnels.

Pour conclure,

Sachez que la vidéo est un passage O-BLI-GA-TOIRE en 2020. Et c’est le moment de passer le cap !

Maîtriser cette compétence aujourd’hui, c’est prendre une longueur d’avance sur d’autres et gagner en visibilité. C’est une superbe occasion d’enrichir les couteaux suisses que vous êtes. Notamment pour vos prochaines vidéos de danse, votre futur gala, ou pour promouvoir votre école plus facilement.

En suivant nos conseils, vous gagnerez en autonomie, encadrerez mieux vos futurs projets et / ou vos futurs freelances.

Puis ça vous sera bien pratique, pour réaliser vos prochains Replays sur KIM.dance 😉

Vous pouvez également retrouver d’autres astuces pour développer votre école ici.

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